a man standing on top of a waterfall next to a river

Rabattement de nappe

Sécuriser vos fouilles, protéger la ressource, maîtriser vos chantiers

Dès qu’un projet descend sous le niveau de la nappe phréatique (sous-sol, parking enterré, cuvelage, réseaux profonds…), la question du rabattement de nappe se pose.

Pomper l’eau souterraine pour tenir une fouille au sec paraît simple. En réalité, c’est une opération hydrogéologique sensible, fortement encadrée par la Loi sur l’Eau, avec des impacts possibles sur les ouvrages voisins, les nappes et les milieux aquatiques.

Chez GEOHYSIA – Ingénierie Hydrogéologique et Géothermie, nous vous aidons à transformer ce risque en levier de maîtrise technique et réglementaire.

Qu’est-ce que le rabattement de nappe ?

On parle de rabattement de nappe lorsqu’on met en place un dispositif de pompage (ou drainage) pour abaisser temporairement ou durablement le niveau de la nappe autour d’une fouille ou d’un ouvrage, afin de : Prévention BTP+1

  • Travailler au sec (terrassements, bétonnage, pose de réseaux),

  • Assurer la stabilité des parois et des fondations,

  • Limiter les pressions hydrostatiques sur un cuvelage ou un radier,

  • Protéger les ouvriers et le matériel.

Tout rabattement est donc, par nature, un prélèvement d’eau souterraine dans le milieu naturel.

Pourquoi le rabattement est un enjeu majeur ?

Sécurité et stabilité des ouvrages

Un rabattement mal dimensionné ou mal piloté peut entraîner :

  • Inondation de fouille, interruptions de chantier, surcoûts,

  • Déstabilisation des parois, glissements, fontis,

  • Sous-pressions résiduelles mal contrôlées sur les radiers ou cuvelages.

À l’inverse, un dispositif bien conçu permet d’assurer la sécurité, de respecter le planning et de limiter les imprévus.

Impacts sur la ressource en eau

Les nappes souterraines représentent près de 70 % de l’eau potable distribuée en France. BRGM

Un rabattement :

  • Modifie le niveau piézométrique et le sens des écoulements,

  • Peut impacter les captages AEP, les zones humides ou les rejets de sources,

  • Peut mobiliser des pollutions anciennes et les déplacer.

D’où la nécessité d’une approche hydrogéologique sérieuse et d’un encadrement par la Loi sur l’Eau.

Qualité des eaux de pompage et mode de rejet

Les eaux de fouille peuvent être :

  • Proches d’une eau souterraine « brute » de bonne qualité,

  • Ou chargées en MES, particules fines, voire en polluants (ancienne friche industrielle, station-service, etc.).

Le choix du mode de rejet (milieu naturel, réseau pluvial, réseau unitaire, réseau d’assainissement) demande donc diagnostic, prétraitement et autorisations.

Cadre réglementaire : Loi sur l’Eau et nomenclature IOTA

En France, le rabattement de nappe est soumis au Code de l’environnement au titre de la Loi sur l’Eau (rubriques IOTA).

Prélèvements dans la nappe : rubrique 1.1.2.0

L’article R.214-1 du Code de l’environnement vise les :

« Prélèvements permanents ou temporaires issus d’un forage, puits ou ouvrage souterrain dans un système aquifère (…) par pompage, drainage, dérivation ou tout autre procédé. » Légifrance+1

Les seuils principaux sont :

  • > 200 000 m³/an : Autorisation (A),

  • 10 000 à 200 000 m³/an : Déclaration (D),

  • < 10 000 m³/an : en-deçà des seuils IOTA, mais pas hors cadre : le maître d’ouvrage reste responsable de ses impacts.

Les guides techniques sur le rabattement rappellent qu’un rabattement temporaire reste un prélèvement d’eau souterraine et doit être examiné au titre de la Loi sur l’Eau, même en phase chantier.

Rejet des eaux de pompage

Les règles de rejet dépendent de :

  • La qualité de l’eau (MES, hydrocarbures, métaux, pollution résiduelle),

  • Le milieu récepteur (cours d’eau, réseau pluvial, réseau unitaire / EU, sol),

  • Les prescriptions des gestionnaires de réseaux et des arrêtés préfectoraux.

Des dispositifs de décantation, filtration, déshuilage ou traitement peuvent être exigés.

Normes et documents techniques

Selon la nature du projet, on s’appuie notamment sur :

  • NF DTU 14.1 – Travaux de cuvelage en bâtiment (mise hors d’eau, conditions de rabattement),

  • Recommandations professionnelles pour le rabattement provisoire de nappe (CFMS et autres guides),

  • Guides géotechniques (CSTB, Cerema, BRGM) intégrant les interactions sol–eau–structure.

Typologies de rabattement de nappe

En pratique, plusieurs techniques peuvent être combinées sur un même chantier :

Pompage en puits ou forages d’exhaure

  • Forages profonds équipés de crépines,

  • Pompes submersibles,

  • Rayon d’influence important, adapté aux nappes libres ou captives relativement perméables.

Atouts : débit élevé, contrôle fin du rabattement.
Points de vigilance : risque d’impact sur les captages voisins, tassements différentiels, maîtrise des rejets.

Pointes filtrantes (wellpoints)

  • Petits tubes filtrants implantés en nappe serrée autour de la fouille,

  • Raccordés à un collecteur et une pompe de surface.

Adaptés aux sols perméables de faible profondeur (sables, limons sableux). Solution très utilisée pour les fouilles linéaires (tranchées, réseaux, écrans de soutènement).

Drainages de fond de fouille et pompage d’ouvrage

  • Drains en pied de fouille, puisards avec pompes vide-cave,

  • Plutôt pour eaux d’infiltration locales ou nappes peu sollicitées.

Réinjection et gestion intégrée

  • Doublets de rabattement/réinjection,

  • Réinjection dans la même nappe, dans une nappe plus profonde ou dans un bassin de rétention.

Permet de limiter l’impact net sur la ressource, mais demande une hydrogéologie solide pour éviter court-circuit hydraulique, colmatage, surpression, etc.

Solutions combinées avec géotechnique

La réalisation autour de la fouille d’une barrière très peu perméable ancrée dans un horizon peu productif (figure 11), permet de :

  • limiter fortement les débits d’exhaure ;

  • limiter les rabattements extérieurs et donc les impacts de la mise hors d’eau de la fouille sur son environnement.

Différents types de barrières autour d'une foulle

  • Les palplanches :

Domaines d’application : dans la limite des capacités de mise en œuvre (les gros éléments, les bancs durs, les terrains trop raides, peuvent être des obstacles à l’utilisation de cette technique).

Avantages : Procédé largement connu et répandu, rapide et économique, possibilité de retrait après travaux.

Inconvénients : Battage difficile voire impossible dans certains terrains, nuisances (vibrations et bruits) à la mise en œuvre, prix élevé si les palplanches ne sont pas récupérées. Étanchéité relative. Profondeur courante maximale de l’ordre de 15 à 20 m.

  • Les parois moulées :

Domaines d’application : Tous types de sols, tous types d’excavations.

Avantages : Opportunité d’inclure les parois moulées à l’ouvrage définitif (structure). Bien adaptées aux ouvrages circulaires. Possibilité d’ancrage à grande profondeur (50 m et plus), y compris dans du rocher. Peu de vibrations et de bruit. Pas de problèmes de corrosion.

Inconvénients : Coûts élevés, notamment si l’ouvrage est de faibles dimensions et/ou que l’étanchéité est le seul objectif ; installation de chantier encombrante.

  • Les parois d’étanchéité souples :

Domaine d’application : Tous types de sols, tous types d’excavations.

Avantages : Rapidité d’exécution et coûts plus faibles que ceux de la paroi moulée. Possibilité d’ancrage à grande profondeur (50 m et plus), y compris dans du rocher. Bonne étanchéité (coefficient de perméabilité de l’ordre de 10-7 m/s). Souplesse relative permettant une certaine adaptation aux déformations du sol.

Inconvénients : Rôle de soutènement nul ou faible.

  • Les pieux sécants :

Domaines d’application : Tous types de sols, y compris des terrains raides ou avec des bancs indurés, tous types d’excavation.

Avantages : Faible encombrement, peu de vibrations et de bruit. Opportunité d’inclure les parois de pieux sécants à l’ouvrage définitif (structure). Possibilité de réaliser ces parois à proximité immédiate de fondations existantes.

Inconvénients : Déconseillé dans les formations à galets et blocs. Difficultés techniques au-delà de 15 m de profondeur (risque de déviation). Moments résistants inférieurs à ceux d’une paroi moulée.

  • Les parois en mélange sol-ciment (soil-mixing) :

Domaines d’application : Sols fins.

Avantages : Peu de déblais. Solution économique. Peuvent être armés de profilés métalliques.

Inconvénients : Problème de déviations, profondeur limitée entre 8 et 10 m pour les trancheuses.

Parois moulées - Geohysia

Pointes filtrantes - Geohysia

Drainages de fond de fouille - Geohysia

Ecran étanche - Geohysia

Pompage en puits - Geohysia

an abstract photo of a curved building with a blue sky in the background

Pour quels types de projets ?

Le rabattement de nappe concerne notamment :

  • Immeubles de logements et bureaux avec sous-sols (parkings, locaux techniques),

  • Ouvrages de génie civil : stations de métro, tunnels, ouvrages enterrés, réservoirs,

  • VRD et réseaux profonds : collecteurs d’assainissement, bassins enterrés, galeries techniques,

  • Zones d’aménagement urbain (ZAC, écoquartiers) avec sous-sols généralisés,

  • Sites industriels et logistiques (dalles profondes, fosses, cuves enterrées),

  • Projets dans des secteurs à nappe affleurante ou en remontée de nappe.

Dans tous ces cas, un rabattement improvisé peut générer sinistres, retards, contentieux – d’où l’intérêt d’un accompagnement spécialisé.

Ce que GEOHYSIA apporte à vos projets

GEOHYSIA se positionne comme partenaire de référence pour la gestion de l’eau souterraine en phase travaux :

Études hydrogéologiques et géotechniques intégrées

  • Analyse du contexte géologique et hydrogéologique (données existantes, sondages, piézométrie),

  • Définition des paramètres hydrauliques (perméabilité, transmissivité) via essais de pompage et/ou d’infiltration,

  • Modélisation simplifiée ou détaillée du rabattement (cônes de dépression, rayon d’influence, impact sur les nappes et ouvrages voisins).

Dimensionnement et optimisation du dispositif de rabattement

  • Choix du type de pompage (puits, pointes filtrantes, drains, doublets),

  • Définition des débits à installer, des niveaux cibles et du schéma de pilotage,

  • Évaluation des volumes prélevés (clé pour la procédure Loi sur l’Eau),

  • Identification et dimensionnement des ouvrages de traitement et de rejet.

Dossiers réglementaires et relation avec les autorités

  • Montage des dossiers Déclaration / Autorisation Loi sur l’Eau,

  • Notes d’impact hydrogéologique et mesures d’évitement/réduction,

  • Argumentaires techniques auprès des services de l’État et des collectivités.

Suivi, instrumentation et exploitation

  • Mise en place de suivis piézométriques (piézomètres de contrôle),

  • Suivi des niveaux, des débits et de la qualité d’eau,

  • Ajustement du dispositif en fonction des retours terrain,

  • Bilan et capitalisation en fin de chantier.

Objectif GEOHYSIA : sécuriser techniquement vos fouilles, réduire les aléas et garantir une gestion responsable de la ressource en eau.

an abstract photo of a curved building with a blue sky in the background

FAQ – Rabattement de nappe

1. À partir de quel volume un rabattement est-il soumis à la Loi sur l’Eau ?
Les prélèvements d’eaux souterraines supérieurs à 10 000 m³/an sont soumis à déclaration, et ceux supérieurs à 200 000 m³/an à autorisation au titre de la rubrique 1.1.2.0 de la nomenclature IOTA.
En dessous, l’opération n’est pas soumise à ces procédures, mais le maître d’ouvrage reste responsable de ses impacts (riverains, captages, milieux).

2. Quelle est la différence entre rabattement temporaire et permanent ?

  • Le rabattement temporaire concerne la phase chantier (quelques semaines à quelques mois) ;

  • Le rabattement permanent ou les eaux d’exhaure permanentes concernent des ouvrages qui nécessitent un pompage continu (parkings très profonds, ouvrages sous nappe sans cuvelage complet…).

Les exigences réglementaires et les impacts ne sont pas les mêmes : GEOHYSIA peut vous aider à choisir la stratégie la plus pertinente (cuvelage, drainage, pompage permanent ou non).

3. Que faire des eaux pompées ?
Plusieurs options :

  • Rejet dans le milieu naturel (cours d’eau, fossé, zone humide) après traitement si nécessaire,

  • Rejet au réseau pluvial (sous conditions),

  • Rejet au réseau unitaire ou eaux usées (souvent limité dans le temps et en débit),

  • Réinjection dans la nappe (doublet).

Dans tous les cas, il faut vérifier la qualité de l’eau et respecter les contraintes du gestionnaire de réseau ou de l’arrêté préfectoral.

4. Le rabattement peut-il provoquer des désordres chez les voisins ?
Oui. Un rabattement peut entraîner : tassements différentiels, fissurations, assèchement de puits, baisse de sources, etc. D’où l’importance :

  • D’anticiper ces effets via une étude hydrogéologique,

  • De surveiller les niveaux d’eau (piézomètres),

  • De limiter le rabattement au strict nécessaire.

5. Quand faut-il consulter GEOHYSIA ?
Idéalement dès la phase conception (ESQ / AVP), dès qu’un sous-sol ou un ouvrage profond est envisagé dans un secteur où la nappe est susceptible d’être rencontrée.
Plus on intervient tôt, plus on peut :

  • Optimiser la profondeur de la fouille, le type de fondations et de cuvelage,

  • Réduire les volumes à pomper,

  • Anticiper les dossiers réglementaires et les délais d’instruction.

water falls in the forest
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Géohysia

Vos bénéfices en tant que maître d’ouvrage

Envie de sécuriser vos projets en présence de nappe ?

GEOHYSIA vous accompagne pour :

  • Les études hydrogéologiques,

  • Le dimensionnement du rabattement,

  • Les dossiers Loi sur l’Eau et le suivi de chantier.

👉 Contactez-nous pour échanger sur votre projet et définir rapidement le niveau d’étude adapté

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a small plant is growing out of the moss
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